Politique

Abandon de la C92 « originale et originelle » par la coalition : Concession ou revirement ?

Publié le mercredi 28 mars 2018, par Lemessager-actu

Depuis la dernière rencontre sur le dialogue politique au Togo avec le facilitateur Akufo Ado, l’on note une petite évolution dans les mentalités de certains responsables de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition. Un changement de ton assimilé à une concession qui aurait été faite pour répondre aux mesures d’apaisement prises par le gouvernement pour favoriser le dialogue et donner la chance à une sortie de crise. Ce changement ton qui réside en l’abandon du projet de retour à la constitution « originale et originelle » de 1992 brandi depuis le 19 août 2017, est-il une concession ou simplement un revirement de la coalition ?

Depuis le début de cette semaine des voix au sein du groupe des 14 se lèvent pour faire de l’abandon du projet de retour à la constitution « originale et originelle » de 1992, une sorte de concession faite au pouvoir en place, lors des discussions. Ainsi, désormais, en lieu et place du retour à la Constitution de 1992, la coalition opte pour le retour de 05 articles de ladite constitution. Une attitude qui ne surprend guerre, lorsque beaucoup de spécialistes avaient déjà prédit ce scénario.

Les responsables de la coalition eux aussi le savaient, mais l’engrenage de l’inventeur de ce retour à la C92, comme aiment l’appeler certains, les avait retenus, au point qu’ils ne voulaient plus entendre raison. Aujourd’hui, le vin est tiré et il faut le boire. L’impossible retour à la constitution de 1992 est désormais acté.

Les contorsions constatées dans des explications fantoches que les membres de la coalition tendent de fournir sur les antennes chaque jour que dieu fait et à longueur de journée, en sont la preuve palpable de l’échec du projet. Et donc, il fallait un revirement.

Des constitutionnalistes venus des quatre coins de monde ont été traité de tous les noms d’oiseaux lorsqu’ils ont voulu dire ce qui est la vérité sur la question.

Aussi, si au début du dialogue, le facilitateur demandait à la coalition de lui prouver le mécanisme par lequel il était possible de revenir à cette constitution de 1992, c’était en connaissance de cause, car juriste de son état, il savait que c’était impossible. D’ailleurs, l’attitude des tenants de ce retour était très indicatrice, car aucun parmi eux n’a pu dire le mécanisme de ce retour, sauf Me Agboyibo qui tentait difficilement de répondre à s’appuyant sur ce qu’il appelle engouement du peuple autour de cette constitution.

Si la coalition a fait une concession, c’est bien son acceptation de la suspension des manifestations. Et si elle a laissé tomber le retour à la C92 et le départ immédiat de Faure Gnassingbé du pouvoir, c’est que la raison a prévalu et il fallait faire un revirement.

Pour le reste, ce n’est que des alibis pour cacher l’échec et ne pas être taxés de menteurs.

Source : le messager N° 569